Equi'stoire

Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 03:55

Les Grands Principes des Maîtres demeurent,

          J'aime les idées fortes, les concepts novateurs...a condition de ne jamais ignorer d'où proviennent les théories originelles.
L'homme, et à fortiori le cavalier, est un perpétuel chercheur en quête de solutions écologiques (dans son acception Efficience : définie par la somme de Economie et Efficacité).
L'Ethologie se décline comme l'étude scientifique du comportement animal dans son milieu naturel.
L'intérêt pour les nouveaux maîtres que sont les chuchoteurs et autres éthologues pose problème:
         -   Effet de mode?
         -  Appropriation de théories démontrées en milieu naturel et transposition dans le cadre dénaturé car artificiel où s'exerce l'activité équestre. Il y a donc là une forme d'usurpation.
         -   Nos plus grands cavaliers nationaux; les grands maîtres qui  ont su donner corps et esprit à "la Méthode française" -citons de manière non exhaustive: La Guérinière, Baucher, L'Hotte-; le Maître Portugais Nuno Oliveira ...ignoraient tout de ces nouveaux penseurs mais n'en demeurent pas moins les références en matière d'art équestre.

          L'éthologie est une approche originale, très prisée aux Etats-Unis où la culture équestre classique n'a aucun fondement historique. Cèderions-nous à la mode américaine?
Elle n'est intéressante que si comprise dans un contexte global d'échange et de relation avec l'animal et non si elle se pose comme LA solution au mal récurrent de l'absence de communication avec le sujet de notre passion. Il ne faut pas se tromper d'objet : au siècle de l'internet, la non-communication nous guette! Nous n'avons que des rapports virtuels...et le cheval devient un mythe, une chimère. Nous perdons peu à peu nos rapports à la nature. Je reste convaincu que cette absence cruelle de véritable relation avec le monde animal est l'amorce de notre propre dégénérescence.


                                            

Que penser de nos contemporains: M. Lurashi, Bartabas, M. Henriquet... qui ont su mettre en valeur les qualités du cheval ibérique? Que penser de nos aieüls conduisant fièrement un attelage au labour?

Ont-ils eu besoin en préalable de la connaissance éthologique, pour apprendre à travailler avec leurs chevaux?
NON.
La connaissance empirique est le fondement même de ce qui se transforme en Science, en Art. Elle s'inscrit jusque dans les gênes car elle passe par le sensible au même titre que la poésie. Ces Maîtres sont des éthologues!

          OUI, l'éthologie est une voie novatrice à condition qu'elle ne se substitue pas à l'incompétence, à l'inexpérience et à l'ignorance des grands principes équestres de ces grands Maîtres qui ont tant à nous apprendre; sans oublier le patient travail quotidien.

 

          Je reste méfiant à l'égard de certains cavaliers qui déclarent : "je pratique l'équitation éthologique" , manière d'affirmer sa distinction,  mais qui cache de façon concomittante une forme de soumission à ces nouveaux dieux du bien-pensant équestre. L'éthologie doit s'affranchir sans céder à son propre effet de mode. Il y a danger à prétendre fournir LA solution, LA règle, LE savoir. L'équitation se comprend en terme d'Amour pour accéder à l'Art (N. Oliveira).

Le problème, c'est que "l'on n'apprend pas à monter à cheval...on apprend à monter DES chevaux. Chaque jour, même avec un cheval convenablement mis, monter signifie nouvelle conquête, nouvelle expérience" J.Liégard.

 

          L'éthologie recherche la complicité dans la relation homme/cheval, autrement dit, la mise à disposition des forces naturelles du cheval au service de l'emploi que l'homme en fait. Très bien. Saumur, Vienne, Lisbonne, Jerez..., les compétiteurs internationaux..., les cavaliers de spectacle..., illustrent ce qu'il est possible de réaliser au plus haut niveau où complicité rime avec écoute, patience, plaisir partagé, empathie, amour. Les principes éthologiques sont donc présents partout et n'ont point besoin de s'ériger en dogme, en école, en philosophie.

 

         

  Penser cheval, voilà le vrai sens de l'équitation! Autrement dit, savoir anticiper et sentir ce qui se passe, déceler les dispositions plus ou moins orientées de son compagnon, ses désirs, ses envies, sa méforme aussi...
Pas motivé? OK, aujourd'hui, on annule le programme de saut et on va se détendre en forêt.

Tiens, ça me fait penser à la réaction de mon ex qui parfois agacée par mon isolement contemplatif m'extirpait de mes rêveries par un tonitruant "Cheval!!!" qui avait le don de me remettre en selle! En un éclair, je redevenais un mari attentif et présent...mais trop tard. Penser cheval peut vous conduire jusqu'à l'extrême limite: ne plus être à l'écoute de l'autre! Penser et vivre cheval c'est s'isoler du monde réel pour entrer en ascèse.

 

 

          3 ans et déjà de la tenue,



le regard lointain, la main légère et dans les yeux un torrent d'amour. Gageons qu'elle deviendra une excellente cavalière !
Peut-être accèdera t-elle au plus haut niveau?

 

L'équitation une véritable école d'équilibre dans toutes les acceptions du terme.

 

 

 

 

    

 

 

          Toute approche originale a le mérite d'exister. L'éthologie peut apporter beaucoup à condition que les messages véhiculés trouvent écho chez celui qui s'initie. Elle ne peut se contenter de livrer des recettes. Nous l'avons affirmé plus haut: la fibre équestre n'est pas une donnée acquise par héritage, elle ne s'acquiert que par le travail et la recherche du plus haut degré de communication. Mais pour obtenir ce résultat, il faut dépasser un premier niveau de communication (les mains, les jambes, l'assiette...) pour ressentir et penser (métacommunication). Ainsi, le simple fait d'évoquer mentalement le mouvement désiré, votre cheval "qui se plaît dans son air" (Xénophon) vous offrira un galop de rêve!

                                                                                                          Signé: Jackandalou!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par jackandalou - Publié dans : Equi'stoire
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 03:13

SORTIR..., et TROUVER..., l'autre VIE!

Mon nom vous semble étranger? Normal, je ne suis ni célèbre par héritage, ni reconnu pour des actions héroïques ou exemplaires. Pourtant en 1994, j'ai eu l'insigne honneur de me voir citer sur Antenne2 par Mr Gérard HOLTZ, présentateur emblématique du sport télévisé, qui décryptait mon premier ouvrage en le qualifiant de "référence pédagogique et didactique". Puis en 2006, sur RFO Polynésie quand Mr Claude RUBBEN analysa avec une verve élogieuse mon premier roman "Tevairoa".

          1)  ORIGINES ET HEREDITE:

         "Lève toi et marche, calme , en avant et droit!"
         Né en 1952 au milieu des vertes prairies et des légendaires bocages Normands; terres de      légendes génératrices d'aventuriers conquérants, terres d'élevage des plus fameuses races équines; mon nom vient en ligne directe d'influences Germaniques et Vikings.
   Moi qui par sensibilité naturelle me croyait d'origine espagnole en raison de mon affection pour les rythmes, l'art de vivre, le folklore, l'architecture andalouse et les chevaux Andalous... naturellement internet sema quelques troubles et confusions dans mes convictions ancestrales...sauf pour mon amour inconsidéré pour l'art équestre espagnol!

   Mes parents humbles et honorables ouvriers, économes  par nécessité mais généreux par nature savaient implicitement transmettre de vraies valeurs.
De mon père, artisan dans l'art de transformer le bois en mobilier élégant et durable, j'ai appris le sens de la ponctualité, de l'opiniâtreté sans repos, du perfectionnisme dans le travail accompli, du courage et de l'abnégation.
Par ma mère, créatrice de vêtements sur mesure, je me suis éveillé à la création, à l'esprit de curiosité et d'ouverture, à la recherche d'autres formes de pensées...autant de références qui élèvent le niveau de conscience.
Tous deux m'ont transmis cette qualité première indispensable à tout enfant :  la volonté de grandir!

Mon oncle Maurice
me parlait souvent de sa passion pour les chevaux. Parieur infatigable, il m'entraînait pendant les grandes vacances scolaires sur tous les hippodromes de la région.

Mon cousin Alain, quant à lui, tenait avec une rigueur quasi-scientifique un classeur sur lequel il reportait tous les états de forme, les origines, les performances ou les chances de gagner des meilleurs trotteurs d'origine normande. Il avait avant l'heure inventé la loi des séries, les stastitiques, les calculs de probabilité, le sens aiguisé du pronostic dans une compilation historique que tout parieur professionnel ou pronostiqueur patenté eût rêvé de posséder! Mais pour lui, allergique au pari, "just for fun", il défiait dans l'anonymat, les meilleurs professionnels.
Mes oncles Roger et Gustave, avec lesquels j'avais partagé quelques mémorables parties de Football dans le champ  de mes grands-parents, parmi les vaches et les veaux de l'année...voyaient en moi un combattant et pour tout dire un boxeur. Sans doute avaient-ils décelé en moi des qualités athlétiques?
En fait dès cette époque, j'aurais pu faire mienne la devise de Pierre de Coubertin " Citius, Altius, Fortius" (Plus loin, plus haut, plus fort...).

 


           2)  NAISSANCE D'UNE PASSION EQUESTRE :

     Son origine se trouve probablement au confluent des trop peu nombreux récits de mon Père quand il évoquait le labour grâce à la traction animale, ou quand tout petit je vis l'un de ces étalons Percherons débouler au galop sur notre chemin d'écolier, fuyant un prédateur imaginaire; ou bien encore par la vision quotidienne de chevaux paissant paisiblement dans la prairie jouxtant notre maison et que j'observais chaque jour. A moins que mes oncles et cousin n'aient influé mon subconscient?
Comment comprendre alors que je ne pouvais rester insensible à "l'élan équin"?


       3)  ENTRE PASSION ET AMOUR...QUE CHOISIR?

     
Trop tôt, trop jeune, en pleine effervescence équestre il me fallut assumer les conséquences de ma première relation amoureuse et abandonner Passion pour prendre en main  ma nouvelle responsabilité familiale. Se marier jeune expose à toutes sortes de déconvenues!
Mais la Passion ne peut que rarement se conjuguer avec l'Amour sans qu'un état de concurrence n'interfère et ne s'immisce dans ce fragile équilibre.  Un premier mariage, un divorce; un second mariage, un deuxième divorce... mais pourquoi ces femmes se sentent-elles menacées par une passion équine qu'elles ne partagent pas?
La question reste donc de savoir si l'on peut vivre Amour et Passion sans sentiment de concurrence, sans jalousie, sans sentiment de rejet... ma réponse demeure affirmative...à condition de trouver la bonne union!

             Il faut du temps pour se relever, se guérir, rebondir, se reconstruire...Quand l'amour entre en concurrence jalouse avec l'objet de sa passion au point de devenir insupportable car forcément l'un exclut l'autre  temporellement ( à cheval je vis, je pense...cheval,  et plus rien d'autre sur l'instant précis n'existe, à mes yeux!).
 La Passion aurait donc une vertu analgésique... mais j'ai la prétention de dire que je peux vivre à l'opposé ma relation amoureuse avec la même exclusive temporelle! 
L'Amour aurait donc des effets antalgiques.
Alors peut-on trouver l'Amour sans nécessairement partager ensemble sa Passion. Je ne le croyais pas jusqu'au jour où "Eau de Fleur" -" Vaitiare" en Tahitien - entra dans ma vie. Depuis plus d'une décennie, mon Amour et ma Passion se conjuguent dans le non-partage passionnel, et la fusion extatique  amoureuse!!
Encore que parfois, elle me dit: " Me caresser, n'est pas me  brosser; je ne m'appelle pas Malano (nom de mon étalon)!". Heureusement qu'elle ne dit pas "étriller"; pas plus qu'elle ne se plaint de mes "hennissements" de plaisir !
 Alors entre amour et passion...quel est le vainqueur?
Le vainqueur est le sens du bien-être d'autrui partagé...
Alors,
Oui, Amour et Passion peuvent cohabiter...mais ce n'est pas gagné d'avance...il faut avant tout regarder l'autre...
"calme, en avant,  et droit"!
(1905;Général L'HOTTE; Ecuyer en Chef.Saumur)

Signé: Jackandalou
   



Par jackandalou - Publié dans : Equi'stoire
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Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /Fév /2009 00:44
Entre Ombre et Lumière,
Entre Nuit et Jour,
Entre Vie et Mort.

Lorsque l'on emploie l'expression "Homme de cheval" à l'égard d'un cavalier, nous faisons explicitement référence à toute une vie consacrée à l'amour des chevaux et à son travail de recherche pour atteindre le Nirvana Equestre: la communication complice dans laquelle Homme et Cheval ne font plus, par osmose,  qu'un seul et unique être pensant et agissant.
On ne naît pas Homme de cheval...on le devient... par l'accumulation d'expériences,  par le travail et la  recherche constante pour atteindre l'Art fusionnel entre deux êtres sensibles, symbole d'une communication complice.

L'homme sans cheval, n'est rien d'autre qu'un simple handicapé sur les chemins de la vie; le cheval sans cavalier n'est rien de plus qu'un simple quadrupède errant à la recherche de prairies abondantes!
Mais dès lors que ces deux êtres unissent leurs forces et volontés...alors l'union magique opère et transcende la fusion, l'un par l'autre, l'un pour l'autre, l'un à cause de l'autre, jamais l'un contre l'autre...pour former un instant un être suprême, forme déifiée de la Nature.

Pour vous en convaincre, je vous invite à voir ou revoir, lire ou relire, quelques monuments cinématographiques  et littéraires qui chaque jour conduisent ma propre vie:

-   Milady, téléfilm de 1975 de François Leterrier d'après une nouvelle de Paul Morand où le Commandant Gardefort incarné par Jacques Dufilho-Ecuyer du Cadre Noir de Saumur-vit une relation équine qui le conduira jusqu'au sacrifice ultime.

-   Hidalgo, DVD Touchstone Pictures, d'après une histoire réelle qui raconte les péripéties de Franck T. Hopkins et de son infatigable mustang tous deux engagés dans une course d'endurance  de 4500 kilomètres, au travers du désert, pour la gloire mais surtout pour la survie.

- Tevairoa, livre de J. Liégard, Edition Publibook, Page 92, qui relate: "le cavalier de concours complet oscille entre Eros (pulsion d'amour et de vie) et Thanatos(pulsion de mort) qu'il met volontairement en jeu; une sorte de loto hippique pour des gains dérisoires, dans l'espoir de vaincre la fatalité pour quelque entrefilet dans la presse régionale....Ces cavaliers représentent les derniers samouraïs de l'équitation conquérante..."


                                            Dans le cadre de mes études universitaires, j'ai bénéficié d'un accès privilégié à une formation équestre pilotée par le Ministère de l'Agriculture. A chaque vacances scolaires, je m'inscrivais régulièrement à des stages qui se déroulaient dans des centres équestres internes d'Etablissements scolaires (lycées Agricoles). Citons pour mémoire: Yssingeaux; Rethel; Montargis. C'est dans ce dernier établissement que j'eus l'occasion de rencontrer un Centaure en la personne du Commandant Larcher, Ecuyer-retraité de la cavalerie de Saumur et qui par passion continuait son oeuvre de diffusion de la Culture Equestre. Exigeant, parfois cassant, toujours prêt à reconnaître l'infime progrès, il incarnait selon moi le symbole exemplaire du Modèle. Chaque "Reprise" se déclinait en "objectif à atteindre" où le temps ne se mesurait pas au  plan chronométrique  mais en termes de Réussite.
A l'aube d'un stage programmé, je me rendis aux écuries dès mon arrivée.
Extrait: "Tevairoa":  "...surpris par ce changement d'encadrement, Jonathan, qui en visitant les écuries avait reconnu la jument du Commandant, osa poser la question:
-   Ce n'est pas le Commandant qui demain, encadre le stage ?
-   Pourquoi cette question , tu le connaissais? Lui répondit, Olivier, le Moniteur?
-   Oui, j'ai eu l'occasion de faire un stage l'an passé.
-   Alors, il faut que je te raconte. Tu connais probablement la promenade favorite du Commandant, et la fameuse ligne droite de galop. Il y a quelques semaines déjà, il a dirigé un groupe (lui-même toujours en tête); au cours de cette balade il a donné le signal de début (de galop), puis celui de fin du galop en levant son bras gauche. Sa jument s'est remise au pas , puis immobilisée; le Commandant venait de se coucher sur son encolure...abandonnant la vie!
-   Non, je n'arrive pas à y croire!
....Il n'en revenait pas, et ses larmes exprimaient autant de tristesse que de joie, car cet Homme de Cheval, octogénaire, qui par passion consacra sa vie à parfaire son Art équestre et à le transmettre, l'avait conclue dans un ultime galop d'extase!
Quel Homme de cheval digne de ce nom ne rêverait d'une fin plus douce?
Conclure sa vie au bout d'une ligne droite de galop restera un rêve, une chimère, car nul ne peut décider ni programmer l'instant, mais il est permis d'en faire le voeu."

Parfois je rêve d'une destinée identique car pour moi ce Commandant reste une énigme et un mythe!
Un jour je vous rejoindrais, Commandant,  pour d'éternelles et célestes chevauchées!

Signé: Jackandalou
Par jackandalou - Publié dans : Equi'stoire - Communauté : EQUIPASSION
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