Mardi 13 octobre 2009
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L'improbable transport,
Dans un billet précédent (Equi-trans) j'ai abordé l'épineux problème du transport des chevaux. Par camion ou van tracté, l'entreprise relève
parfois de l'acrobatie à hauts risques. Embarquer, débarquer, circuler sur la route...comporte une part de dangers imprévisibles malgré les précautions, la prudence, la vigilance...rien n'est
franchement simple et rassurant. Je précise que les évènements relatés sont authentiques et vécus, et que pour minimiser le mélodrame j'ai accompagné mon thème de photos prises au
Championnat d'Europe d'attelage 2009 au Haras du Pin.
Par un matin frais, je décidais de rejoindre la ville universitaire de CAEN, par une route secondaire qui
traverse le massif d'Ecouves (région Alençon) et me permettrait de profiter des éclairages automnals et des ardents rayons du soleil levant jouant au travers des feuillages éclaircis pour peindre
en kaléidoscope des tableaux uniques et éphémères.
Quelques virages en descente...brutalement, je fus stoppé par un camion renversé sur son flanc droit. Très vite j'eus une vision d'horreur...des chevaux à l'intérieur se débattaient,
blessés, prisonniers impuissants. En m'approchant du camion, je vis une personne jeune couchée sur l'encolure d'un cheval pour l'empêcher de tenter de se relever et aggraver ses blessures. Il
versait des flots de larmes sur son encolure et curieusement le Pur-Sang restait étrangement calme. Deux autres ruaient furieusement à l'intérieur...tandis que trois d'entre eux libérés
au cours du choc avaient réussi à s'extirper de l'amas de tôles éventrées et galopaient dans la campagne voisine.
Gendarmerie, pompiers, vétérinaire, entreprise de dépannage...bref, les secours furent rapidement alertés. Le vétérinaire donna son verdict: "impossible de relever le camion sans anesthésier les
chevaux à bord...mais pour l'un d'entre eux l'euthanasie s'impose". Pas facile pour l'officiant, de chercher la veine jugulaire dans un équilibre inhabituel et des membres qui tapent en tout
sens.
Il ne fallut pas moins de toute une matinée pour extraire les chevaux prisonniers.
Seul l'un d'entre eux ne reverrait jamais ses vertes prairies normandes ni les pistes des hippodromes Parisiens.
Quelques années plus tard, en Polynésie, un ami me demanda de l'accompagner pour ramener un cheval.
Sur la route, il m'informa qu'il avait dû faire ressouder la boule d'attelage. J'hallucinais: on ne ressoude pas les éléments défectueux d'un attelage!
Pas de soucis à l'aller... Sur le retour, traversée de Papeete, arrivée aux écuries, une dernière manoeuvre pour orienter le van en direction des boxes, arrêt moteur. Tandis que nous descendions la
roue jockey, la jument s'agitait à l'intérieur, impatiente de rejoindre ses congénères. Avant même que la roue n'ait touché le sol, le crochet d'attelage s'etait rompu! Pour la jument...juste
une légère secousse...mais rétrospectivement je réalisais que nous venions de traverser une grande ville et que nous aurions pu causer un grave accident!
Le
transport de chevaux ne peut souffrir d'approximations dans la préparation, la gestion, la prévision de l'itinéraire...mais surtout exige que les véhicules soient dans un état irréprochable.
signé: jackandalou
Par jackandalou
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Publié dans : Equi-trans
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