Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /Mai /2009 05:57
Quid de  la relation Enseignant-Enseigné?


                        
Personnellement, au fil de mes relations Enseignant-Enseigné, j'ai toujours voulu privilégier le pôle concertation-échange-révélation...de sorte que mes cavaliers s'inscrivent dans un rapport de confiance. Car comme je le prétends dans d'autres articles...l'Equitation  Sportive est unique, originale: non seulement elle requiert l'alliance de deux modalités de fonctionnement différentes ; de deux "personnalités" sensibles, interprétatives, et aux caractères parfois inconciliables ; mais de plus,  elle met en concurrence dans une épreuve unique :

- l'étalon, le hongre ou la jument................ alliés à...............
- un cavalier ou une cavalière,
- un(e) adolescent(e)  ou un(e) adulte.

L'Equitation n'a rien d'autre à démontrer que l'objectif de:
             - Se Réussir soi-même
             - Réaliser l'osmose parfaite
          
Toutes ces réflexions ne trouvent  réponses qu'au travers de l'hommage-partagé qui suit:
Conversation privée entre Clem's ( qui s'amuse de voir son moniteur lever les gambettes!) et jackandalou:



Questionnaire d'une cavalière (Clem's) à son Moniteur(Jackandalou): 

      - Qui saute?:                         a) la cavalière         b) le cheval et sa cavalière            c) cavalière+cheval+ moniteur
     
      - Pourquoi le moniteur
        lève t-il la jambe?               a) il stresse            b) il aide sa cavalière                      c) il rêve de sauter à sa place

     - De quoi s'agit-il?                 a) d'un réflexe         b) d'une pulsion incontrôlée          c) d'un tic



Réponse du Moniteur à sa Cavalière:

J'ai tenté de répondre à ton questionnaire mais sans hésitations j'ai validé a, b, c. Cela peut paraître étrange...en fait c'est le fruit d'une mûre réflexion...car il me semble que dans ces situations rien n'est noir ou blanc...et encore moins gris!


               Qui suis-je?

      -  Le jour ou la nuit; le lever ou le coucher de soleil; l'ombre ou la lumière; le vent ou la pluie; l'accalmie ou l'orage... en fait je suis bien plus que cela...Je suis le méteo-équin!
      -  Le mortel ou l'éternel; éros ou thanatos; le vivant ou le mort; l'énergie vitale ou l'atone; le parfait ou l'imparfait... en fait je suis mieux que cela...Je vis intensément  l'instant présent!
      -  cavalier ou cavalière; cheval ou homme; conducteur ou pilote; moniteur ou spectateur; acteur ou voyeur;...en fait  je suis plus avancé que cela...je vis en lieu et place de celui ou celle qui agit!
      -  Tes mains sont les miennes,
      -  Tes jambes sont remplacées par les miennes,
      -  Ta vision supplée par mon coup d'oeil.

En fait, je suis à cheval, avec toi, pour toi...et je ressens le moment où vibre le cheval que tu conduis. Je t'accompagne tout simplement avec mon envie, mon expérience, ma motivation...et mon coeur! En fait je suis bien plus que cela...je suis ton Centaure!

      -  A quand le cheval en Tandem?

                        Je suis convaincu que tu as compris mon(es) message(s) et que cette Passion qui me dévore, jamais ne cessera de t'habiter! En cela tu me ressembles, car je n'oublierai jamais l'image de Clem's réfugiée dans la crinière et l'encolure de Matahiti (sa jument préférée) pour lui murmurer des mots tendres et des mercis. En un éclair, j'ai revu mes propres larmes versées contre l'épaule de Mirandole III,  à qui je dois en grande partie ma réussite au Monitorat.
Reconnaître sa dette envers son partenaire, lui chanter son amour...alors que lauriers et fastes vous attendent, est le symbole de l'Humanité partagée. Et cette grandeur d'âme forme les êtres d'exception.
                        
                        Qu'Equus caballus soit avec toi, et en toi pour l'Eternité!


Signé:   Jackandalou





Par jackandalou
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Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 04:39
QUI INTERNAUTES-VOUS?

 INTERNET,...c'est formidable; la plus grande révolution après l'ère post-industrielle. Mis à part quelques illuminés extrémistes qui annonçaient que le 21ème  siècle serait religieux ou NON...de plus sérieux sociologues prévoyaient l'ère de la communication sans limite. Et ce sont bien ces derniers qui ont entrevu très justement notre récente actualité.
Dans les années 70/80, nos boîtes à lettres se trouvèrent jour après jour inondées de dépliants, pubs, publipostages, et autres formes d'accompagnement médiatiques...au point qu'une prise de conscience collective transforma, écologie oblige,  peu à peu notre vision du monde. Dès lors...
Internet venait de trouver en moins d'une décennie l'ouverture d'un portail d'entrée qui le propulsa au coeur de la vie privée.
La publicité sans son support papier devint publicité virtuelle...mais pas pour autant exempte de ses abus et détournements!
Aujourd'hui, naviguer sur le Web, implique rapidité, nécessité d'information immédiate...au mépris de toutes formes d'identification qui engendrent pollution et récupération d'informations!
L'internaute,  devient la proie, la cible de l'information détournée!

                        Vous pensiez participer à la sauvegarde de la planète  mais vous venez de vous connecter à la "demande d'information électronique" laquelle renvoie à une augmentation des besoins en énergie électrique. Vous contribuez tout simplement et durablement à un nouveau mode de pollution: l'ininformation!!! Mais pour quel résultat? 

                        Ecrire devient un luxe...un privilège et pour vous en convaincre, multipliez vos incursions sur différents sites et blogs internet...et vous réaliserez rapidement que le langage type SMS, MMS et autres formes dévoyées de la langue française mâtinées d'anglicismes et de néologismes...se généralisent de manière insidieuse et perverse.
Oui, je vous le dis...
Ecrire correctement dans le respect de sa langue natale devient un luxe!
Tant mieux, je vais pouvoir développer mon entreprise de correction orthographique et grammaticale à distance moyennant redevance excessive et juteuse...normal puisque le luxe d'écrire  simplement et correctement à titre de communication au premier degré  (nous ne parlons pas d'écriture littéraire qui elle deviendra un luxe suprême)
ne sera même pas maîtrisé par 10 % de la population. Pourtant, au cours des années 90, les politiques soulevèrent le problème de la dérive de la langue française...mais Internet a définitivement clos le débat en imposant sa nouvelle culture!

                      Au risque de paraître extrémiste ( en fait, je le suis vraiment! et même plus!)...
 je rêve d'un pays où l'autorisation  d'écrire...
serait soumise  à approbation par respect orthographique et grammatical, avant publication.
 Oui, je vous prie de vous abstenir d'écrire sur quelque support que ce soit,  quelque soit le sujet...
et plus particulièrement.."Toi...l'équinaute..." quand il s'agit de parler de chevaux,  tant que vous ne maîtrisez ni le vocabulaire approprié à notre noble conquête,  ni votre langue natale.
J'enrage de lire des billets et autres blogs farcis de fautes, vous ne méritez pas de vous poser sur leur dos.
Je suis enclin à penser que celui qui maltraite la langue et son vocabulaire, qui ignore donc tout de son adorable compagnon...ne fera qu'un piètre cavalier ignare, irresponsable et brutal!
De grâce...abstenez vous d'écrire
Ainsi la langue Française conservera tout son panache.
De grâce, abstenez vous de monter
 Ainsi vous participerez à l'Equitation durable.Notre héritage!

Signé: Jackandalou!







Par jackandalou
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 03:13

SORTIR..., et TROUVER..., l'autre VIE!

Mon nom vous semble étranger? Normal, je ne suis ni célèbre par héritage, ni reconnu pour des actions héroïques ou exemplaires. Pourtant en 1994, j'ai eu l'insigne honneur de me voir citer sur Antenne2 par Mr Gérard HOLTZ, présentateur emblématique du sport télévisé, qui décryptait mon premier ouvrage en le qualifiant de "référence pédagogique et didactique". Puis en 2006, sur RFO Polynésie quand Mr Claude RUBBEN analysa avec une verve élogieuse mon premier roman "Tevairoa".

          1)  ORIGINES ET HEREDITE:

         "Lève toi et marche, calme , en avant et droit!"
         Né en 1952 au milieu des vertes prairies et des légendaires bocages Normands; terres de      légendes génératrices d'aventuriers conquérants, terres d'élevage des plus fameuses races équines; mon nom vient en ligne directe d'influences Germaniques et Vikings.
   Moi qui par sensibilité naturelle me croyait d'origine espagnole en raison de mon affection pour les rythmes, l'art de vivre, le folklore, l'architecture andalouse et les chevaux Andalous... naturellement internet sema quelques troubles et confusions dans mes convictions ancestrales...sauf pour mon amour inconsidéré pour l'art équestre espagnol!

   Mes parents humbles et honorables ouvriers, économes  par nécessité mais généreux par nature savaient implicitement transmettre de vraies valeurs.
De mon père, artisan dans l'art de transformer le bois en mobilier élégant et durable, j'ai appris le sens de la ponctualité, de l'opiniâtreté sans repos, du perfectionnisme dans le travail accompli, du courage et de l'abnégation.
Par ma mère, créatrice de vêtements sur mesure, je me suis éveillé à la création, à l'esprit de curiosité et d'ouverture, à la recherche d'autres formes de pensées...autant de références qui élèvent le niveau de conscience.
Tous deux m'ont transmis cette qualité première indispensable à tout enfant :  la volonté de grandir!

Mon oncle Maurice
me parlait souvent de sa passion pour les chevaux. Parieur infatigable, il m'entraînait pendant les grandes vacances scolaires sur tous les hippodromes de la région.

Mon cousin Alain, quant à lui, tenait avec une rigueur quasi-scientifique un classeur sur lequel il reportait tous les états de forme, les origines, les performances ou les chances de gagner des meilleurs trotteurs d'origine normande. Il avait avant l'heure inventé la loi des séries, les stastitiques, les calculs de probabilité, le sens aiguisé du pronostic dans une compilation historique que tout parieur professionnel ou pronostiqueur patenté eût rêvé de posséder! Mais pour lui, allergique au pari, "just for fun", il défiait dans l'anonymat, les meilleurs professionnels.
Mes oncles Roger et Gustave, avec lesquels j'avais partagé quelques mémorables parties de Football dans le champ  de mes grands-parents, parmi les vaches et les veaux de l'année...voyaient en moi un combattant et pour tout dire un boxeur. Sans doute avaient-ils décelé en moi des qualités athlétiques?
En fait dès cette époque, j'aurais pu faire mienne la devise de Pierre de Coubertin " Citius, Altius, Fortius" (Plus loin, plus haut, plus fort...).

 


           2)  NAISSANCE D'UNE PASSION EQUESTRE :

     Son origine se trouve probablement au confluent des trop peu nombreux récits de mon Père quand il évoquait le labour grâce à la traction animale, ou quand tout petit je vis l'un de ces étalons Percherons débouler au galop sur notre chemin d'écolier, fuyant un prédateur imaginaire; ou bien encore par la vision quotidienne de chevaux paissant paisiblement dans la prairie jouxtant notre maison et que j'observais chaque jour. A moins que mes oncles et cousin n'aient influé mon subconscient?
Comment comprendre alors que je ne pouvais rester insensible à "l'élan équin"?


       3)  ENTRE PASSION ET AMOUR...QUE CHOISIR?

     
Trop tôt, trop jeune, en pleine effervescence équestre il me fallut assumer les conséquences de ma première relation amoureuse et abandonner Passion pour prendre en main  ma nouvelle responsabilité familiale. Se marier jeune expose à toutes sortes de déconvenues!
Mais la Passion ne peut que rarement se conjuguer avec l'Amour sans qu'un état de concurrence n'interfère et ne s'immisce dans ce fragile équilibre.  Un premier mariage, un divorce; un second mariage, un deuxième divorce... mais pourquoi ces femmes se sentent-elles menacées par une passion équine qu'elles ne partagent pas?
La question reste donc de savoir si l'on peut vivre Amour et Passion sans sentiment de concurrence, sans jalousie, sans sentiment de rejet... ma réponse demeure affirmative...à condition de trouver la bonne union!

             Il faut du temps pour se relever, se guérir, rebondir, se reconstruire...Quand l'amour entre en concurrence jalouse avec l'objet de sa passion au point de devenir insupportable car forcément l'un exclut l'autre  temporellement ( à cheval je vis, je pense...cheval,  et plus rien d'autre sur l'instant précis n'existe, à mes yeux!).
 La Passion aurait donc une vertu analgésique... mais j'ai la prétention de dire que je peux vivre à l'opposé ma relation amoureuse avec la même exclusive temporelle! 
L'Amour aurait donc des effets antalgiques.
Alors peut-on trouver l'Amour sans nécessairement partager ensemble sa Passion. Je ne le croyais pas jusqu'au jour où "Eau de Fleur" -" Vaitiare" en Tahitien - entra dans ma vie. Depuis plus d'une décennie, mon Amour et ma Passion se conjuguent dans le non-partage passionnel, et la fusion extatique  amoureuse!!
Encore que parfois, elle me dit: " Me caresser, n'est pas me  brosser; je ne m'appelle pas Malano (nom de mon étalon)!". Heureusement qu'elle ne dit pas "étriller"; pas plus qu'elle ne se plaint de mes "hennissements" de plaisir !
 Alors entre amour et passion...quel est le vainqueur?
Le vainqueur est le sens du bien-être d'autrui partagé...
Alors,
Oui, Amour et Passion peuvent cohabiter...mais ce n'est pas gagné d'avance...il faut avant tout regarder l'autre...
"calme, en avant,  et droit"!
(1905;Général L'HOTTE; Ecuyer en Chef.Saumur)

Signé: Jackandalou
   



Par jackandalou - Publié dans : Equi'stoire
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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 23:48

VOIR OU NON LES FOULEES

            Tout cavalier qui se lance en compétition de CSO ressent très vite le besoin de se rassurer pour réaliser le saut idéal. Or, si le saut parfait est celui dont la trajectoire encadre parfaitement le profil de l'obstacle,  il y a  un dilemne de taille lorsque le cavalier commence à percevoir la zone de battue (déclenchement du saut), car il doit aussi composer entre  l'interprétation de la situation de ce que lui perçoit et de ce que le  cheval "voit, analyse, et programme" sans parfois tenir compte des indications de son pilote!

Le problème du cavalier est donc d'effectuer très tôt une évaluation de la distance restante à parcourir, puis de réguler éventuellement les foulées pour amener son cheval au point idéal de la zone d'impulsion.

Pour cela, le cavalier dispose de deux types d'informations:
          -   les informations proprioceptives (équilibre, mouvement, énergie mise en oeuvre...que son cheval développe).

          -   les informations visuelles (orientation spatiale, vitesse et distance, vitesse et temps, trajets et trajectoires...).

          Le cavalier néophyte a une tendance récurrente à privilégier la vision centrale, en fixant son regard sur la tête de sa monture: il se prive ainsi de toute prise en compte de l'environnement dans lequel il se déplace; il a perdu toute information relative à son repérage spatial. Lorsqu'il lève les yeux (en fin de courbe)...il réalise que le trajet dessiné ne lui permet plus d'aborder l'obstacle dans de bonnes conditions et que s'il lui vient à l'idée de corriger son tracé...à contre-temps il augmentera le risque de dérobade ou de refus.
 De même en promenade:
     - Alors, c'était bien ta balade? T'as vu la rivière en contre-bas du promontoire?
     - Euh, non...mon cheval voulait brouter!
     - Pas de chance pour toi...t'as tout râté!

Rappellez-vous les lithanies de votre instructeur qui vous serinait: "lève les yeux...regarde la cime des arbres...vois au-delà de l'obstacle...".
En un mot...." affranchis toi de ta dépendance"... "embrasse l'environnement dans lequel tu évolues".
Les anciens, nos maîtres et nos référents ont développé le sens pragmatique de ce qu'il convient de faire!



           " Entre l'intuitif, le réflexif, l'emprique ou le scientifique, la chance ou le hasard, la gestion forcée ou le laisser-faire, le contrôle ou la confiance...il ne manque plus que la prière!!!
Si nous pouvions tout prévoir, tout planifier sans paniquer, tout programmer...alors je vous prédis que l'équitation s'en remettrait à l'aide divine d'Equus Caballus, ad vitam eternam,...et ad-mortem!
L'équitation reste donc une affaire de sensibilité, de sentiment, de tact, d'empathie... qui engage le cavalier dans un rapport de gestion de l'instant présent.

Le cheval est par essence Nature...et nous devons nous le réapproprier, ce qui signifie "vivre avec" Personnellement j'aurai tendance à exagérer le propos en clamant: "vivre pour...!".

 Le cheval...si tu as la fibre...alors tu le sens!

1)  Le problème rencontré par le cavalier:

            Puisque le cavalier est en déplacement dynamique spatio-temporel semi-passif (c'est le cheval qui galope!), il doit prendre en compte des informations visuelles en continu pour jauger de la distance qui lui reste à parcourir pour trouver la zone de battue idéale. La qualité des informations recueillies s'intègre dans le processus:
                  Information(s)→Décision→Action(s).


2) Rôle de la vision:

            Deux types de vision:

 

      - Vision centrale: gérée par le système complexe rétino-géniculo-strié correspond à celle que l'on utilise pour lire un article passionnant, pour viser une cible... En saut d'obstacles, par exemple, elle intervient jusqu'à 2  foulées avant le saut (F-2) se focalisant sur le plus haut plan, ou le second plan dans les obstacles larges. Après, au moment de la battue , elle a déjà "l'oeil" orienté vers la suite des évènements.

      - Vision périphérique: gérée par le système rétino-tectal donne des informations sur l'état de l'environnement et l'équilibre. Cet aspect est fondamental, car il est parfois trompeur. Ainsi, lorsque confortablement installé dans la banquette du train à l'arrêt en gare, occupé à lire (vous êtes donc en vision centrale), et que soudainement le train de la voie adjacente (que vous percevez en vision périphérique) démarre...vous réagissez par une contraction musculaire brutale! Que s'est-il passé en réalité? Votre cerveau a été victime d'une illusion de mouvement, alimentée par votre vision périphérique, alors que votre vision centrale se concentre sur un autre problème. On retrouve la même illusion au feu rouge, en voiture.


Ce constat doit nous être familier pour comprendre ce qui se passe en situation sportive. Concentré sur la cible à atteindre...(ex: service au tennis)...tout mouvement de spectateur dans les tribunes devient gênant...car cela entraîne une modification de l'environnement qui perturbe  la programmation du geste.

La vision périphérique est donc votre indicateur essentiel sur votre positionnement spatial, et votre vitesse.

3) Estimation de la distance:

           
L'estimation de la distance par rapport à l'obstacle (ou si l'on préfère visualiser les foulées) est donc au coeur de la problématique.

Ce problème affecte également les sauteurs à ski, les sauteurs en longueur... donc tous ceux qui doivent composer entre prise d'élan et zone (réduite)  d'impulsion. Il y a fort à parier que ces athlètes aient  les mêmes soucis de précision.
            Selon Paillard et Beaubanon (1978) in "coordination visuo-motrice et saisie manuelle".Edition Masson: " c'est le phénomène d'expansion de la cible à approcher qui fournit les indications de vitesse et de distance". Plus on se rapproche de la cible (ici nous parlerons d'obstacle) plus le flux visuel s'intensifie, comme des images de dessin animé qui défilent.
Pour organiser précisémment sa course d'élan, le sauteur en longueur enregistre des informations visuelles(centrales et périphériques) associées à des informations kinesthésiques (vitesse de déplacement segmentaire, sensation de fluidité, impacts sonores des appuis sur la piste, réactivité de la piste...) pour réguler son  approche. C'est rassurant quelque part,  inquiétant pour celui qui voudrait trouver la solution millimétrique.Tant mieux...l'incertitude (à égalité de chances et de règles) est la définition même de l'éthique sportive.
           

             Le cavalier de CSO doit au même titre que notre sauteur en longueur réussir l'adéquation prise d'élan/zone d'impulsion à la seule différence qu'il lui incombe d'enchaîner 10 à 12 sauts sans interruption.
 Les sources d'erreurs sont multiples entre  les problèmes d'équilibre propres au cavalier et  au cheval; les oublis de parcours; les trajets non assurés; les interventions inappropriées...

Le cavalier représente un obstacle à la progression vers l'obstacle! Tout l'art se résume à : "Se faire oublier pour accompagner l'activité de son partenaire sans le gêner"!
Pas facile.

REGLE D'OR en CSO:               "Tendre, Attendre...sans Détendre"

4) Rappel du But en CSO:

            - Maintenir l'activité locomotrice du couple cavalier/cheval (impulsion; équilibre; élan; engagement; amplitude des foulées; réglages...).

            - Accompagner sans gêner.

            - Enchaîner sans heurts, en toute légèreté, pour dessiner le parcours idéal.

            - Construire son parcours en tenant compte du profil des obstacles, envisager les options pour un gain chronométrique.
            - Rester à l'écoute de son cheval.


5) Voir ; Ne Pas Voir ; ou Voir Autrement?

             
            A ce stade de mon analyse, je comprends votre désarroi: j'ai soulevé des problèmes, je n'ai pas apporté les  réponses que vous attendiez!  Que nenni, elles figurent toutes en filigrane...le sentiment, le tact, le sens "équestre"...Mais vous voulez des preuves scientifiques? Continuez la lecture!!  
            Je vais donc devoir analyser pour vous et résumer une étude (dont je regrette la confidentialité!)  qui a fait l'objet d'une thèse présentée en 1985 à l'Institut national des Sports (INSEP) par Rémy Dinh-Phung : "Traitement des informations visuelles et contrôle de la locomotion du couple Cavalier/Cheval   en CSO".

     - Hypothèse de départ:  Comment visualise t-on  les foulées pour assurer la ZI (zone de battue 
                                           idéale). Vision centrale , vision périphérique, ou autres modalités?

     - Protocole:  Des cavaliers professionnels, sur 3 profils d'obstacles différents et isolés, portent des
                         lunettes qui occultent l'une et/ou l'autre des modalités visuelles.    
                         
     - Objectif:  Déterminer quel type de vision utiliser en phase de préparation.

            Je vous passe les détails, calculs scientifiques et autres diagrammes...pour ne retenir que les données utilisables dans notre pratique, tout en sachant que  sur un parcours enchaîné de 10 à 12 obstacles on relèverait assurément d'autres problèmatiques de nature plus complexes.
            En condition normale de saut, quelque soit le profil de l'obstacle, on remarque une centration visuelle sur la barre située au plan haut et en son milieu jusqu'à 2 foulées avant le déclenchement du saut. Cette focalisation visuelle entraîne un flux (que je définirais comme une succession d'images qui se rapprochent) qui renseigne sur la distance par rapport à l'obstacle. Mais dès lors que l'on prive les cavaliers grâce au port de lunettes spéciales, d'une modalité visuelle centrale ou periphérique, il n'y a pas de contre-performance. Il y aurait donc compensation par une 3ème voie?
Sur les mêmes sauts, vision complètement occultée 7 foulées avant ZI...il n'y a pas altération de la performance!
Le fait qu'il n'y ait pas de différences lorsque des cavaliers de haut niveau sont privés d'une modalité visuelle (voire des deux) prouve qu'ils prendraient des repères kinesthésiques (cadence, équilibre, engagement...) pour organiser et contrôler la phase d'approche de l'obstacle.

              

CONCLUSION:   Voir loin, anticiper, pré-agir, sentir...nous semble plus pertinent que de chercher des formules mathématiques qui placeraient le cheval sur la bonne foulée. Ainsi Pierre Durand, Champion Olympique à Séoul en 1988 avec Jappeloup, a réalisé  un DVD consacré à ce thème (Foulées et Trajectoires Edition Tag Films) et sa conclusion  relativise le problème angoissant de voir ou non la bonne foulée :" il faut s'appliquer à dessiner le meilleur parcours".

Signé: jackandalou.

                 
     

     


    

Par jackandalou
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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /Mars /2009 06:08

          Voir  et Monter,

        La vision à cheval ; ou si l'on préfère, l'orientation du regard qui entraîne une prise d'informations anticipée ; agit en qualité de facteur régulateur d'équilibration et de gestion des trajectoires et des trajets que le cavalier souhaiterait maîtriser.

        Et pourtant, que n'entends t-on dans les carrières ou les paddocks d'échauffement:

"lève les yeux! ; regarde au loin! ; recherche l'obstacle N°3 pendant le saut du N°2!..."

Donc on exige du cavalier non seulement l'indépendance des aides pour conduire son cheval efficacement, mais de plus on lui recommande décentration et anticipation visuelles.
Et que dire du cavalier néophyte dont l'attention visuelle reste focalisée sur les oreilles de son cheval, ou vers le sol pour vérifier s'il galope sur le bon pied???

Cette attention surexclusive  est le problème majeur du cavalier débutant, voire récurrent chez nombre de confirmés.
L'enjeu est d'apprendre à sentir les effets obtenus par ses propres actions sur la locomotion de son cheval, en utilisant d'autres systèmes de prise d'information que le seul contrôle visuel. Ces sources sont d'ordre kinesthésiques (équilibre, perception de mouvement, connaissance intériorisée de l'espace d'évolution, liant avec sa monture, sensibilité aux aides...).

Détachez votre regard de votre monture...
Voyez loin...
Voyez grand...!
Au-delà de l'environnement immédiat, et vous comprendrez alors que l'anticipation visuelle et le sens du positionnement spatial anticipé, est l'arme absolue de la recherche de l'esthétique et de l'efficacité! Ne subissez pas votre "transport" à cheval comme un pis-aller ("ce que j'appelle aimablement se laisser porter comme un vulgaire sac de pommes de terre") ; mais au contraire, prenez conscience qu'un changement d'attitude et de regard vous donne pouvoir sur votre propre projet de déplacement et par conséquent sur la motilité de votre monture!
J'entends parfois au terme d'une séance: ,"ce cheval est nul, impossible à gérer, voire dangereux..." et autres inepties...alors que dans l'heure suivante il suscite l'admiration unanime! Le problème n'est donc pas celui du cheval...mais celui du cavalier!

"Tel cavalier.........tel cheval....!!!"

Anticiper, c'est construire l'avenir;
Voir avant, c'est gérer le projet,
Et réduire l'incertitude.
















Prenons comme exemple, l'obligation d'effectuer un cercle (allure au pas, puis au trot, puis au galop selon le niveau d'exigence) sans perte d'activité:
          - Au point P1...(ma position réelle)...j'anticipe du regard sur  V1;
          - Au point P2...( " " " " " " " " " " " " " " )... j'anticipe du regard sur V2...  et ainsi de suite.
Ces anticipations visuelles successives vous permettront d'ajuster votre courbe en cours de réalisation.

Conclusion:
          Si l'on accepte l'idée que monter à cheval ,toutes disciplines confondues, c'est prévoir des trajectoires futures...alors il faut se persuader que la vision précède les jambes, que les jambes  précèdent la main.
Donc l'équation équestre devient:
"vision...+ jambes...+ mains...+ régulations" et retour dans le même ordre selon la réaction de votre monture. Le tout fonctionne en boucle avec des adaptations particulières.
          En définitive, la vision anticipée agit comme facteur d'anticipation de trajectoires et d'espoir de gain de temps (utile pour un parcours chronométré) mais surtout comme facteur d'équilibration. Un vaste sujet sur lequel je reviendrai.

Signé: Jackandalou!
Par jackandalou
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